Sommet de l’UA 2026/ Antonio Guterres réaffirme son engagement sur les priorités africaines

À l’ouverture de la 39e session ordinaire de l’Assemblée de l’Union africaine (UA), le 14 février 2026 à Addis-Abeba, le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a livré un message fort en faveur du continent africain, qualifiant l’UA de « bastion du multilatéralisme » dans un contexte mondial marqué par les divisions et la méfiance.

Fév 18, 2026 - 10:40
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Sommet de l’UA 2026/ Antonio Guterres réaffirme son engagement sur les priorités africaines

Alors que 2026 marque sa dernière année à la tête de l’ONU, Antonio Guterres a assuré que l’Afrique demeurera au cœur des priorités des Nations Unies jusqu’à la fin de son mandat, et même au-delà.

L’eau et l’assainissement au centre des priorités africaines

Les travaux du sommet se sont ouverts sur le thème annuel de l’UA : la disponibilité durable de l’eau et l’assainissement sûr, considérés comme des enjeux majeurs de développement mais aussi de stabilité politique.

Le Président de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, a insisté sur la dimension stratégique de l’eau, décrite comme un bien collectif essentiel, facteur de cohésion et de paix entre les nations.

Ce thème prend également une résonance particulière pour le Sénégal, engagé dans les préparatifs de la Conférence des Nations Unies sur l’eau 2026, qu’il coorganisera avec les Émirats arabes unis du 2 au 4 décembre 2026.

Réformes internationales : « l’Afrique doit avoir voix au chapitre »

António Guterres a renouvelé son appel à une réforme profonde des institutions mondiales, notamment du Conseil de sécurité de l’ONU, dénonçant l’absence de représentation permanente africaine comme une injustice historique.

« Nous sommes en 2026, pas en 1946 », a-t-il martelé, estimant que l’Afrique doit être pleinement associée aux décisions qui concernent son avenir et celui du monde.

Il a également soutenu les initiatives africaines visant à répondre aux héritages de l’esclavage et du colonialisme, évoquant la nécessité de mécanismes de justice réparatrice.

Paix et sécurité : appel à une réponse coordonnée face aux crises

Sur le plan sécuritaire, le chef de l’ONU a dressé un constat préoccupant des conflits persistants en Afrique, citant notamment le Soudan, le Soudan du Sud, la RDC, la Libye et la Somalie.

Il a plaidé pour un financement durable et prévisible des opérations de paix menées par l’Union africaine, tout en appelant à une mobilisation renforcée en Afrique de l’Ouest et au Sahel, où les cycles de violence, le terrorisme et les déplacements forcés continuent de fragiliser les États.

Finance mondiale et climat : réduire les inégalités structurelles

Le Secrétaire général a aussi alerté sur les difficultés économiques des pays en développement, confrontés à un déficit annuel estimé à 4 000 milliards de dollars pour atteindre les Objectifs de développement durable.

Il a dénoncé une situation où l’Afrique perd davantage en service de la dette et en flux financiers illicites qu’elle ne reçoit en aide, tout en subissant des coûts d’emprunt élevés.

Face à cela, il a demandé une réforme urgente de l’architecture financière internationale et appelé à tripler la capacité de prêt des banques multilatérales de développement, afin de garantir aux pays africains une participation réelle aux décisions financières mondiales.

Concernant le climat, António Guterres a rappelé la responsabilité majeure des pays du G20, à l’origine de près de 80 % des émissions mondiales, tout en soulignant le potentiel africain, notamment dans le solaire, où le continent représente 60 % du potentiel mondial, mais reste insuffisamment financé.

Nouvelle présidence de l’UA : le Burundi prend le relais

La cérémonie a également été marquée par la passation officielle de la présidence tournante de l’Union africaine : le Président angolais João Lourenço a transmis le flambeau au Président burundais Évariste Ndayishimiye, qui dirigera l’institution en 2026.

« Africa Sempre » : un engagement renouvelé

António Guterres a tenu à dissiper toute idée d’adieu, affirmant que sa présence au sommet ne marquait pas une rupture mais un engagement renforcé.

« Ce n’est pas un adieu », a-t-il insisté, réaffirmant que l’Afrique restera la priorité numéro un de l’ONU jusqu’à la fin de son mandat.

Il a clos son discours sur une formule devenue symbole de solidarité durable : « Africa Sempre » l’Afrique, toujours.

                                 Sidibé Adama

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